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février 3, 2010

L’archaïsme méditerranéen

Filed under: La psychanalyse — Roger Dadoun @ 11:52

(mare colostrum – de la Méditerranéité)

Nos années de lycée, et peut-être même l’école primaire de nos jours, ont fait, font toujours retentir à nos oreilles éblouies l’impériale formule des Romains qui, balayant d’un geste large la cartographie de leurs conquêtes maritimes, décrétèrent la Méditerranée « Mare nostrum ». (Et martial roulement de tambours, et trompettes d’une millénaire renommée !). « Mer nôtre », disaient-ils, cette mer est à nous, elle est nous-mêmes, pour les siècles des siècles : l’espace conquis vaut passeport pour l’éternité. Il y avait de quoi : une simple carte des Etats et Provinces de l’Empire, arrêtée, disons, au IIème siècle de notre ère, donne tout son éclat chamarré à la légitimité de la proclamation latine – qui n’hésiterait pas à s’annexer en prime, en outre-mer et outre-terre, littéralement dessinée, la Mer Noire, et plus encore, autour et alentour. L’opulent et vorace empire ottoman eut beau, par la suite, rivaliser de munificence et de puissance d’assimilation dans son agile in-gestion du brouet méditerranéen, il dut, parvenu aux marches les plus occidentales, mettre les pouces.

Sud, Soleil et Simoun – d’un air de famille

Ces fastueux empires, combinant poigne de fer et sonore rhétorique de bronze, le code et le yatagan, semblaient être parvenus, au vu d’un certain nombre de critères, tant matériels que spirituels, à donner aux populations autochtones du pourtour méditerranéen, respectant autant que faire se peut leurs us et coutumes, comme un air de famille, ombre portée de quelque auguste Paterfamilias air que l’on pourrait, avec tout le vague à l’âme possible, caractériser en donnant tout leur souffle à un signifiant géographique (fantasme géopolitique) : le Sud, ou son équivalent le Midi, et à un élan libidinal : course vers un Soleil dont l’aveuglant éclat dérobe à nos regards, et il a bien failli réussir (1), tout un harem de mères-concubines, de déesses-mères (Mare nostrum jouant le rôle de Maison-mer pour toute la famille, fut-elle honnie de tous de ceux qui, relégués dans les mares ou sorties d’égouts, poussaient une ancestrale clameur : « Famille, je vous hais ! »).

Toute perspective de psychanalyse géopolitique du Bassin méditerranéen se devrait d’aller voir de plus près, plus au fond, ce que sont et valent et comment et pourquoi perdurent ce Sud et ce Soleil, ce Midi et ces Déesses-Mères, et le prétendu Air de famille. Ce prolifique Bassin est un proliférant carrefour d’innombrables lignes de force enchevêtrées et d’opulentes lignées historiques, mythologiques, anthropologiques – qui ont « généré » des analyses aussi minutieuses et éclairantes qu’interminables, dans lesquelles il serait périlleux de se plonger, au risque de se noyer. L’on se contentera donc ici d’une très cursive référence à un auteur qui revendiqua pleinement sa Méditerranéité, nommément Albert Camus, tel que, nous reportant à une lointaine époque, nous l’avions présenté dans un numéro de la revue méditerranéenne Simoun (Oran, n°3, juin 1952), sous le titre : « Albert Camus le Méditerranéen, Le rêve de lumière et le complexe du clos-obscur ».

Cette analyse, d’inspiration psychanalytique, portait sur les dernières pages de son ouvrage L’homme révolté (1951), à propos duquel certains critiques à peau blême [« blême » – pour rappeler une chaleureuse rencontre « professionnelle » avec Camus au quotidien Alger Soir, animé par une équipe socialiste venue de Paris : au rédacteur en chef qui s’était plaint de la chaleur, il lança, un tantinet glaçant, « Vous avez un visage qui ne prend pas le soleil ! »] parlèrent d’une inspiration club-méd. de l’écrivain pied-noir. Pages lyriques, dans lesquelles Camus magnifie « la pensée de Midi », « pensée solaire » comme il le répète, il en loue « la dure lumière », et formule ce clair et définitif propos : « dans la lumière, le monde reste notre premier et dernier amour ». Lumière et amour se lisent et se détachent sur des moires à grandes ondes marines, portées par « le vent dur, venu des mers ». « Lumière dure » et « vent dur » déclament la dure durée de la « tradition méditerranéenne », expriment, Camus insiste,  « une exigence invincible de la nature humaine, dont la Méditerranée garde le secret. »

Espagne, Italie, Grèce  – de la Méditerranéité

Une Méditerranée qui enferme en son sein « le secret » d’ « une exigence invincible de la nature humaine », ce n’est pas peu dire, et c’est peut-être en dire trop. Il faut, à défaut de preuves et d’arguments (mais ce n’est pas le lieu), à tout le moins signaler des épreuves adjacentes, faire état de quelques ancrages, jeter l’ancre en telles criques ou baies marines qui puissent, reliées entre elles par de singuliers itinéraires, dessiner l’esquisse de l’un des multiples profils méditerranéens réels ou potentiels. Camus a pour assise, au départ, l’Algérie, sa terre natale – mais c’est une Algérie dans laquelle le colonialisme (Camus journaliste dénoncera « la misère en Kabylie ») et la bourgeoisie (Camus est pauvre) ont inscrit de tels conflits et déchirures qu’il est vital, pour l’imaginaire et la méditation et le corps même de l’artiste, de s’y soustraire et de se porter ailleurs.

Parmi les ailleurs les plus sensibles abordés par Camus, il y a au premier chef l’Espagne, à laquelle il est viscéralement attaché par une mère d’origine espagnole, veuve murée dans le silence, mais aussi par un sentiment psycho-politique de révolte, qui trouve son expression dans la pièce écrite avec son équipe du Théâtre du Travail, à Alger, Révolte dans les Asturies (1936) : une Espagne, dure mère, libertaire et anarchiste, brillera toujours comme un éclat de « lumière dure » sur la Méditerranée de Camus (et sur la nôtre aussi bien). Il y a l’Italie, qui s’impose comme le passage obligé pour tous ceux qui sont en quête d’une liaison rationnelle, romantique ou mystique, ou banalement touristique, entre Soleil et culture. Comme en témoigne  une abondante littérature, pour les cohortes d’écrivains et d’artistes avides d’aller à la rencontre de formes et mesures lumineuses, harmonieuses, rigoureuses, heureuses, et d’une démesure maîtrisée (à l’exemple de la chorégraphie du Zarathoustra de Nietzsche, que Camus aime citer ?), initiatiques sont le « Voyage en Italie », et son prolongement plus aventureux et plus sensuel, le « Voyage en Orient ». « J’entre en Italie, dit Camus, terre faite à mon âme. » Au jardin Boboli de Florence, c’est sous les « énormes kakis dorés dont la chair éclatée laissait passer un sirop épais » (n’est-ce pas déjà, seins solaires et lactescent nectar, l’annonce de notre colostrum ?) que Camus a la révélation qu’ « au cœur de [s]a révolte dormait un consentement » : consentir à la terre, à l’ici-bas qui est notre « royaume », et consentir à se construire et se régler soi-même à la mesure de ce qui est.

Survient, inattendue après ces claires et fortes affirmations, cette question : « quelle démesure »? Ce ne saurait être, en pareil contexte, que la démesure d’une mer assez puissante et assez humanisée pour en avoir la maîtrise, et en mesure, si l’on peut dire, d’ « enfermer », de contenir, au double sens du terme, la démesure : profil d’une mer « humaniste », donc, d’un « humanisme » bercé par les flots et les ressacs (alternant avec les innombrables et dévastatrices mises à sac terrestres !), esquisse d’une sagesse de la Méditerranée, dont la dé-mesure, « naturelle » dirions-nous, gorgée de soleil et la lumière, se trouve paradoxalement en mesure de se dresser contre la « démesure inhumaine » et les fureurs de l’histoire. (« Une limite, dans le soleil, les arrête tous. »). Autre point d’ancrage de la triplice camusienne de la Méditerranée : la Grèce qui, amoureusement assumée (la « Grèce de l’ombre » y trouve place), en est à la fois le couronnement et la source. C’est le profil que propose la conclusion de L’homme révolté : « Nous choisirons Ithaque, la terre fidèle, la pensée audacieuse et frugale, l’action lucide, la générosité de l’homme qui sait. » Roc du réalisme, et audace, fidélité, volonté, sobriété, activité, lucidité, générosité, conscience – c’est, en une intime et inextricable liaison mer-terre, toute une éthique, tout un humanisme terre-à-terre (« qui se donne au temps de sa vie … se donne à la terre ») ou terre-à-mer (« paroles de courage et d’intelligence qui, près de la mer, sont même vertu ») que Camus parvient à loger dans son homérique Ithaque, définie comme point de départ et point d’aboutissement du persévérant et périlleux périple accompli par Ulysse, sagace navigateur polymetis (aux mille ressources), qui inaugure à sa manière – mythologie persillée de réel – une Méditerranée féconde en rencontres, ruses, traquenards, violences, tourments, polymétissages.

Noces, souffrance et nostalgie : Noces-t-algies

Dans la très sommaire analyse de la « pensée de midi » qui est au cœur battant de L’homme révolté, j’avais utilisé l’expression « nostalgie de la lumière ». Camus avait aussitôt relevé ce terme de « nostalgie », pour le récuser. S’expliquant avec une grande cordialité, il souligne que le rapport intense et fondamental qu’il entretient avec le monde méditerranéen, non seulement n’est pas de l’ordre de la nostalgie, mais au contraire constitue le nerf à vif, la sûre et vitale assise fondatrice à la fois d’une résistance « lucide » face à « l’époque et ses fureurs adolescentes », d’un engagement résolu dans les conflits déterminants de la société et de la culture, et d’une vision globale raisonnée de la réalité humaine, forte de cette perspective  : « nous tous, parmi les ruines, préparons une renaissance ».

Il importe assurément d’accueillir dans toute leur gravité les remarques réfléchies et volontaristes de Camus. Mais sachant que l’âme humaine est un patchwork, un sac de nœuds de pulsions-motions-émotions-hallucinations-volitions-illusions-ratiocinations insusceptibles de toute direction unique, on notera que la nostalgie, qui fait le présent se retourner sur le passé, emporte un mouvement réciproque du passé revenant en force dans le présent (ou l’inverse – la symétrie brouillant les pistes du temps). On pourrait donc, « pour aller vite » selon une exécrable expression médiatique, et pour rejoindre sans plus tarder notre crucial objectif, préserver le principe d’une « nostalgie » méditerranéenne chez Camus, en prenant le risque de démonter l’expression et de composer un montage en forme de structure insolite, plus « dure », à visée synthétique. Du coup, combinant « Noces » (1938), œuvre hautement significative, seule véritablement « poétique », de Camus (dite naïvement « de jeunesse »), et « souffrance » (algie, du grec algos, douleur, marqueur d’un « avoir mal »), un des ressorts essentiels de sa réflexion (marquée précisément par la réalité historique et vécue et le problème moral et métaphysique du « mal »), on passe de la commune et souvent « triste » nostalgie à une homonymie plus râpeuse (rappeuse !), d’allure baroque, joycienne, voire kabbalistique : « Noces-t-algie ». Cette « Noces-t-algie »-là a au moins l’avantage de marquer une certaine sophistication (notion plutôt nébuleuse, mais qui nous évite les trivialités sociologiques ou anthropologiques d’une « complexité » passe-partout), et de suggérer, par delà la vision propre de Camus, la possibilité d’une perception qui ne soit pas trop simplificatrice du monde méditerranéen.

[Outre son laborieux mais suggestif alliage, qualifier notre singulière « Noces-t-algie » de « kabbalistique » présente l’intérêt collatéral de s’interroger sur la possibilité de considérer la Kabbale hébraïque – naissant sur des fondations bibliques, et se développant, avant de connaître des apports continentaux, dans tout le bassin méditerranéen – comme une strate d’ « étrangèreté », originale dans l’institution humaine de la Méditerranée, strate à peu près totalement occultée, qui se distingue moins par le « secret » allégué dans tant de lieux communs que par une « discrétion » relevant de la méditation et de la prudence. On voit mal comment la perspective, caressée par beaucoup, d’une culture méditerranéenne renaissante pourrait sérieusement faire l’économie d’une référence aux principes et méthodes de la Kabbale, travail créateur sur la lettre, précieux exercice pour un autre usage (rigoureux, ouvert, « non-violent », « scientifique ») du texte et de la parole.

Et voici que, par une imprévisible mais congruente association, nous vient à l’esprit le nom même de James Joyce, l’écrivain irlandais-européen-planétaire parvenu, entre autres exploits littéraires, dans son immense bassin littéraire intitulé Ulysse (1922), à inscrire en palimpseste, sur le récit homérique, en forme de précipité, l’espèce de circumnavigation méditerranéenne que constituent les déambulations urbaines, dans la « chère et sale Dublin », du Juif Léopold Bloom. Si l’Ulysse de Joyce se distingue, suprêmement, par la démesure maîtrisée des styles, langues, cultures, personnages et références pressurés de tous les horizons – irrésistible et familière s’y affirme l’étonnante prégnance, en éclairages multiples, de plages culturelles méditerranéennes abordées par cet écrivain vivant au long cours un rude exil scandé de joyeuses noces intellectuelles (ô Homère, Dante, Bruno, Vico, et autres compagnons). De sorte que l’atlantique et raide Irlande, à travers le réalisme minutieux, âpre et sans concession qui la portraiture, se présente à nos yeux éblouis telle la progéniture à la fois bâtarde et légitime d’une Méditerranée qui refuse d’être contrainte dans des limites géographiques ou culturelles, et dont un Joyce méditerranéen, jubilant barde insolent et insoleillé, porte la voix d’encre.]

« Voie méditerranéenne » ? Voie d’eau, ou retrouvaille du Colostrum ?

Si une « voie méditerranéenne » peut être tracée, qui ne soit pas trop sillonnée d’utopies, et ne risque pas trop de tourner en voie d’eau ou eau de boudin, il conviendrait sans aucun doute, poussant à fond le principe de contrariété inhérent à notre « Noces-t-algie » (propice, on s’en excuse, aux céphalalgies), de faire entendre sur de nouvelles partitions, sur de nouveaux accords (écologie libertaire du penseur américain Murray Bookchin, par exemple) les « cymbales du soleil » d’un Camus (L’Etranger, 1943), et d’intégrer avec mesure le lyrisme de ces Noces qui exaltent d’un même mouvement une « nature » maîtresse femme accueillant en son sein (holding à couper le souffle) une humanité ingrate, gâcheuse, « dé-naturée », « nihiliste », et une exigence de « vérité » qu’exténuent les intempérances et logorrhées médiatiques. Mais, étant posé un lyrisme bien tempéré, il faudrait bien et surtout et plus que jamais en pareille « voie » aussi antique voire préhistorique que futuriste prendre à bras le corps les « fureurs » de l’époque et ses bouffées de délires et cortèges de souffrances (algies) toujours recommencées. [Et le -t- central de « Noces-t-algie », sur lequel pivotent les deux grandes puissances humaines de l’accord (avec la « nature ») et du mal (dans l’ « histoire »), pourrait, chevillé au corps de l’expression, désigner une fonction « t » du temps qui marquerait avec force la spécificité de chacune des étapes et formations créatrices ou criminelles de l’odyssée humaine].

On a si souvent joué sur l’homonymie française mer-mère qu’on a scrupule à reprendre les annonces faites à Mère Méditerranée. Laquelle est bien une belle et sale tête de Janus. « Mauvaise mère », du genre de celles dont se plaignent patients sur divan analytique ou comédiens sur scène tragique – elle l’est, avec une constance et une férocité qui médusent : sur ses rivages, et les terres antérieures, et les plus hautes eaux, le sang, où que ce soit, n’a cessé de couler, et la haine et le crime de fleurir – et sang et haine et crime se cherchent toujours, sans relâche, et les trouvent, de nouveaux terroirs et foyers, et ils n’ont que l’embarras du choix. La Rome, dont retentissait au début de notre esquisse le « Mare nostrum », « s’origina », comme aiment dire les psychanalystes, lorsque Romulus et Remus, deux chenapans, collèrent leur bouche vorace à l’octuple téton d’une miraculeuse Mère Louve. Tu parles d’un miracle ! Le lait tourna en sang, et Rome vint au monde quand Romulus liquida illico presto son frère Remus. Hydre Méditerranée : un foyer ici s’éteint – s’allume un autre là. D’une rive à l’autre du grand Bassin, d’Ouest en Est et du Nord au Sud et d’un siècle à l’autre et d’une génération à l’autre, violences, désolations, incendies, bûchers, famines, pillages, assassinats, massacres, expulsions, génocides, ethnocides, abominations (avec, presque toujours, en première ligne, ces fameuses « nations » et « communautés ») s’accomplissent, se répondent, s’échangent, se conjuguent, s’exacerbent, se dépassent, se surpassent. Azur rouge sur toutes les Méditerranées.

Et pourtant, sinon « bonne-mère », comme l’annonce tel accent du sud, du moins mère encore « suffisamment bonne », good enough, pour entendre une pressante et désirante demande. Chaque jour, sur la mer ineffable, homérique, une « aurore aux doigts de rose » se lève. Dans l’eau même souillée, avec ses plaques de visqueux mélanomes qui font (sur trafics maritimes néfastes autant que fructueux) s’élever dans le ciel bleu des tours pharaoniques dont une seule suffirait à la survivance, alimentaire, politique ou médicale, de tout un peuple, le corps et l’âme retrouvent d’inouïes caresses, plongent dans la lovante vague d’une maternelle nostalgie ; et le regard, convié à une soudaine numineuse noce, reconnaît encore « l’azur l’azur l’azur » qu’il boit qu’il boit qu’il boit tel un lait bleu purificateur – lustrale eau de jouvence.

Comment nommer cette soif, ce désir – proprement originaires ? Si tentaculaire, surchargée, polymorphe et perverse est la monumentale archéologie de la Méditerranée que qui parle de « Renaissance » doit aller au plus profond de la « naissance » (du sujet, mais peut-être aussi de l’humanité même), s’employer à sonder et creuser encore plus avant dans nos âmes asséchées, assoiffées, aux abois, pour atteindre quelque source maternelle première, une primordiale offrande de la vie même… Le seul nom qui nous vienne présentement aux lèvres est celui de Colostrum (de la colossale Rome au mammaire colostrum, c’est « poétique » écoulement du « nostrum », abyssale chute en Mère Méditerranée !)  – Colostrum, merveilleuse sécrétion lactée, d’un jaune solaire, puissance protectrice, qui, portée aux lèvres du nouveau-né à ses tout premiers jours, constitue le plus précieux et gracieux rite de passage pour l’entrée dans le monde et l’amour.

Rêver la Méditerranée comme « Mare colostrum », nourrice première pourvoyeuse d’un « tout est bon », relève sans doute du fantasme, raciné profond, d’un devenir-nourrisson (2) – mais il faut au moins « cela » pour être à la hauteur, abyssale, de l’actuelle et effarante dessication de l’âme.

Notes

1. Cf. Marija Gimbutas, Le langage de la déesse (1989), éditions Des femmes, 2005.

2. Cf. Georg Groddeck, Le Livre du ça (1923), Gallimard, 1976. Autre titre : Au fond de l’homme, cela. Le livre du ça, Gallimard, 1963.

Texte paru dans la revue française de géopolitique, Outre-Terre, n°23, nov-dec 2009 – Dossier « Euro-Méditerranées / Eurarabies ? »


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2 Comments »

  1. Mare nostrum pourrait se traduire désormais dans d’autres langues.

    Commentaire by bwin — février 14, 2010 @ 11:55

  2. Votre verve ne se dément pas, vous avez ensoleillé nos vies et vous continuez
    Encore merci et meilleurs voeux Denise Harran

    Commentaire by Harran Denise — mars 28, 2010 @ 9:52

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