Site de Roger Dadoun Publications, articles, livres …

payday loans
payday loans

avril 8, 2007

GUERMAZ blancs silences

Filed under: Abdelkader Guermaz,Auteurs — Roger Dadoun @ 8:19

Blancs silences sur mate splendeur du monde

A peine aborde-t-on la question de la peinture, que l’on voit se profiler l’idée de Beau. A juste titre – c’est la catégorie qui, presque toujours, est censée définir l’essence de l’art et en régler les valeurs et les hiérarchies. Mais on ne sait que trop à quel point elle demeure problématique, fluctuant au gré de toutes sortes de variables, aussi bien individuelles, dites “subjectives”, que culturelles et sociales, et autant techniques qu’idéologiques. Il serait opportun, par ailleurs, de relever ici un usage particulier et fréquent de l’adjectif  “beau”, qui sert à exprimer de façon globale et plutôt expéditive la qualité accordée à un livre, une thèse, un travail universitaire, une production culturelle ou tout autre réalisation.

   Du “beau” et du “bel”

C’est de fait avec une évidente prédilection que les critiques recourent à des formules telles que “un beau texte”, “une belle oeuvre”, pour qualifier un travail dans l’analyse duquel ils préfèrent ne pas trop s’engager. Relevé ceci, au cours d’une récente lecture : un auteur, faisant l’éloge d’un texte, s’empresse de préciser qu’il est publié dans un  “beau livre collectif” – et cela semble presque lui suffire pour garantir son jugement. On peut parler là, dès lors que se dérobent raisons et arguments, d’un “délit d’influence”, d’une pression exercée sur le lecteur par le critique exploitant sa coutumière ou neuve position de pouvoir.

Un pas de plus sur cet axe de “beauté”, et l’on rencontre l’expression “bel esprit”, souvent grevée d’une connotation péjorative, frôlant l’accusation de cabotinage. Et voici maintenant la raison d’être de cette presque pédante digression inaugurale sur “beau” : elle vise à bien détacher, d’un contour net, la personnalité du peintre Abdelkader Guermaz, et à affirmer, d’entrée de jeu, que nul de ceux qui l’ont connu et aimé, et qui apprécient son oeuvre, ne se hasarderait, ne penserait même à parler, à son sujet, de “bel esprit”. Il relève, c’est ce que nous tenterons de mettre en lumière, d’un tout autre ordre.

   “Admirable”, admirandus

Peut-être, pour mieux approcher l’oeuvre, le terme d’“admirable” serait-il de meilleur aloi. S’il fonctionne souvent comme substitut de “beau” et, tout comme ce dernier, sert parfois à faire l’économie d’une sérieuse analyse, il a l’avantage de nous offrir un sens étymologique, à la fois plus neutre et plus exigeant, qui met l’accent sur l’acte de voir. Admirable, latin admirabilis ou admirandus, de admirari, admirer, que nous décomposons en ad, indiquant le mouvement d’aller vers, et miror, s’étonner, voir avec étonnement, voir au sens fort. Dire “Admirable Guermaz”, en évitant si possible de se gorger, de se rengorger d’une accentuation maniérée sur le “a” (ce ou cet “â” que tant de bouches profèrent béatement dans “nationâl”), c’est moins porter un jugement de valeur, ce qui serait faire pression et du prosélytisme – on dirait encore mieux du “pro-élitisme”- que rappeler qu’il faut, au sens plénier du terme, aller “voir Guermaz”.

“Voir Guermaz”, c’est précisément le titre, je crois utile de le rappeler, que j’ai donné au texte, en forme poétique, publié dans le “Dossier Guermaz” de la revue Algérie/Littérature/Action (mars-avril 2001) – texte dont les premiers passages pourraient être repris en manière de conclusion. “Voir Guermaz”,  et nourrir, à son endroit, pour commencer, le plus vif étonnement, non pas sur le registre d’une divine mais simplement d’une humaine surprise; “voir Guermaz” pour en venir, espérons-le, à l’admirer, non sans éprouver un sentiment de malaise, et de peine profonde, à voir de quelle manière ce peintre “admirable”, admirandus, devant être vu, a pu être négligé, nous pouvons dire méconnu, par la critique, et cela, singulièrement, dans son propre pays, dans sa terre d’origine, l’Algérie.

   Une mort solitaire

Un bilan sommaire réunirait, quoique partielles, les quelques indispensables informations suivantes. Un important tryptique  décore la salle du Conseil Général de Mostaganem, “une grande fresque abstraite” “à la manière de Manessier” datant de 1961 – juste avant le départ de Guermaz pour Paris. La Ville de Paris a acquis en 1964 des toiles de l’artiste (j’avais pu signaler l’oeuvre de Guermaz à l’une des responsables qui avait coutume de visiter des ateliers de peintres pour d’éventuelles  acquisitions, et elle s’empressa de procéder à quelques achats). En 1977, le secrétariat d’Etat à la culture décide d’acquérir une toile. Longtemps Guermaz  présenta ses oeuvres à la galerie Entremonde, jusqu’à sa fermeture en 1981, et de nombreux amateurs purent de la sorte accompagner son travail. Il a participé par ailleurs à divers événements collectifs: Biennale de Menton en 1951; Musée des Arts Décoratifs à Paris en 1964; Tokyo en 1972; Téhéran en 1974; Londres en 1981… Ensuite, nous relevons, dans la brève et amicale biographie (manuscrite) que lui a consacrée Pierre Rey, cette simple remarque: 1981-1996 “Quinze années de création solitaire à Paris”, puis “1996 Mort de Guermaz, à Paris” – au mois d’août, précisons-le, à l’hôpital Cochin où il avait été transporté. Mort solitaire, comme il avait vécu – la question demeurant ouverte de savoir ce que sont devenues les nombreuses toiles qu’il a laissées.

 

   Du “Village nègre” au Quai du Louvre

Ces précisions montrent que Guermaz, sans avoir jamais cherché à battre les tambours de la renommée, jouissait d’une réelle et ample reconnaissance, et que les amateurs, plus nombreux qu’on ne pense, demeuraient attentifs et fidèles à son oeuvre. J’en veux pour preuve cette pittoresque aventure personnelle: au cours des années 70, à peu près, me rendant à une consultation du Professeur Jean Hewitt à la Clinique Tarnier rue d’Assas, j’aperçois, derrière l’éminent dermatologue, sur presque toute la surface d’un vaste mur, une magnifique peinture;  et je m’écrie, tout étonné: “ mais n’est-ce pas un Guermaz que vous avez là?”  – “Vous connaissez donc?”, me dit, encore plus étonné, Jean Hewitt.

Je ne saurais dire si l’on peut voir des Guermaz en Algérie, et notamment dans sa ville natale, Mascara, où il voit le jour en 1919, et à Oran même, où il est le seul “indigène”, comme on disait à l’époque, à faire l’Ecole des Beaux-Arts, de 1937 à 1940. Autour d’Oran, cité moins soucieuse d’art que de commerce, selon le jugement sommaire d’Albert Camus, il y avait comme une couronne de petites cités très actives: Mostaganem, Mascara, et Sidi-bel-Abbès, et. Tlemcen, Arzew et Beni-Saf – tout un environnement qui a pu constituer pour Guermaz, croyons-nous, un solide terreau pour son imaginaire d’artiste. Comme l’a été – et bien plus, nous n’en doutons pas, pour l’avoir nous-même bien connu, et intensément vécu, à partir de l’échoppe de cordonnier paternelle que fréquentait une clientèle exigeante assurée d’y trouver élégante chaussure à son pied – le quartier arabe d’Oran, qu’on appelait, en vertu d’on ne sait quel fantasme anthropo-dermatologique, le “Village nègre”, 4 rue de la Mecta, où Guermaz a vécu avec sa mère jusqu’à la mort de celle-ci en 1955.  Les deux pièces minuscules que la fille du peintre Rouault mit généreusement à sa disposition, Quai du Louvre, lorsque Guermaz vint à Paris, n’étaient pas sans présenter quelque lointaine analogie – exiguité, isolement, respiration – avec la familière atmosphère du quartier arabe d’Oran, avec cette notable et précieuse différence qu’à la terrasse ensoleillée de sa jeunesse, aux couleurs vives, se substituait l’ample et mélancolique écoulement d’une Seine qui déployait à toute heure du jour et la nuit une palette somptueuse et illimitée de coloris, de nuances, de vibrations que le peintre est parvenu à transposer dans ses toiles avec une infinie et envoûtante virtuosité.

   Vers l’essence des choses     

Le “Village nègre” de Guermaz, dans les dessins au trait nu et ferme qu’il fait à cette époque, se livre, se délivre peut-être (car en atmosphère coloniale, même le soleil opprime), en s’offrant à l’éclat du blanc. Dans les quelques dessins que publie la revue Simoun – et il faut rendre ici un fraternel hommage à Jean-Michel Guirao, qui fit mentir Camus en fondant et en animant pendant plusieurs années cette revue littéraire et artistique de qualité et en y publiant, entre autres, le jeune Camus – dessins dont certains sont reproduits dans 2000 ans d’Algérie, n°2 , on remarque déjà la tendance de Guermaz à la sobriété, à un ascétisme déjà proche de l’abstraction. Un trait noir et approximatif suffit à dresser une maison, deux longues lignes courbes composent une silhouette de Mauresque; une grue giraffe signe le port d’Oran … Le dessin annonce ainsi, très tôt, la vocation profonde  de Guermaz, qui se trouvera superbement avérée dans toute sa dernière période, à aller vers l’essence des choses.

La peinture “oranaise” de Guermaz, qu’on pouvait admirer à la galerie Colline,  se distingue par une belle générosité de couleurs et de formes. Un réalisme souple, frémissant d’un certain lyrisme, caractérise ses natures mortes, d’une grande et charmante, voire complaisante vivacité, respectueuse certes des objets et figures, mais s’efforçant néanmoins de les modeler avant tout à l’aide de la couleur, et de les intégrer dans une composition  solide, géométrique même, où se distingue l’influence d’un Cézanne ou d’un Matisse. L’éclat et la variété des coloris, les effets de luminosité, inclineraient facilement à parler d’une inspiration “orientale”, mais il s’agit là d’une appellation qui conviendrait aussi bien et même mieux à bien d’autres peintres, métropolitains ou européens – alors qu’en revanche l’on perçoit déjà chez Germaz une sorte de rigueur, de logique, de rationalité pour tout dire, qui déborde les stéréotypes culturels et esthétiques.

   “Ethérique” et “cosmique”

Les oeuvres très colorées du début laisseront des traces sensibles dans les toiles ultérieures, sous forme de simples signes chromatiques: minuscules carrés, rectangles, losanges, hachures rapides, où dominent le bleu, le rouge, le bistre – très peu de vert, en général – et qui servent à rythmer les grandes plages colorées, horizontales presque toujours, qui structurent la toile.

On sait qu’il est difficile et hasardeux de transformer en mots les valeurs de la peinture. Cela vaut, tout particulièrement, pour les oeuvres d’un Guermaz parvenu, dans les dernières années, à une souveraine maîtrise de la couleur – l’artiste s’attachant, avec obstination, intransigeance, à procéder par élimination. Formes et figures tendent à s’effacer, la construction est simplifiée à l’extrême – une simplicité telle que toute qualification se révèle paradoxalement insuffisante, réductrice. Dans certains cas, quelques signes familiers persistent , mais de loin, comme dans cette symphonie en bleu que propose Venise III, de 1992, où quelques coupoles, entre ciel et terre, émergent, répercutées par deux échos légers qui vont se perdre dans le bleu transparent d’un ciel qui ne fait que prolonger le bleu aquatique, en une continuité, une fusion, qui semble caractériser de plus en plus la compulsion ascétique du peintre.

De 1992, toujours, Contrée éthérique porte bien son nom: quelques bandes sombres, à peine terreuses, dans la moitié  inférieure du tableau, désignent peut-être une “contrée”, mais elles vont s’épurant dans l’”éther”, comme poussées ou forcées (mais ce terme serait trop … fort pour la délicatesse de Guermaz), transportées plutôt par des pans de lumière. Lorsqu’il lui arrive de réintroduire des éléments figuratifs, comme dans Les Fauteuils de 1993, la position et le traitement chromatique des quelques objets – sièges, sujets, arbres – disséminés sur un plan unique composent une atmosphère d’étrangeté inquiétante et tendre à la fois, quelque chose de mystérieux, d’”éthéré” ou, mieux encore, d’”éthérique”, pour reprendre le terme singulier et éloquent de Guermaz.

La couleur risquant, par elle-même, d’être par trop porteuse de signification ou, plus exactement, d’être encore sous la coupe, sous l’emprise d’une réalité prosaïque, rapportant tout à elle-même, là où est requis une travail de création, de re-création, un travail proprement poétique (de poiein, faire, créer), Guermaz s’emploie, sapant les emphases à leur racine, à la neutraliser. Il accorde souvent la prééminence à une couleur unique, que dans le même temps il conteste, de l’intérieur, si l’on peut dire, par un jeu de nuances subtiles, d’une admirable délicatesse de touche. Notre connaissance de l’oeuvre de Guermaz demeure encore trop fragmentaire pour qu’on puisse porter un jugement global;  mais on voit bien que, sans abandonner les symphonies de couleurs dont, grand amateur d’opéra, il jouait avec maestria, tel cet Allegro vivace de 92, éblouissante variation sur le bleu, Guermaz s’orientait de plus en plus vers des tonalités grises ou blanches, proposées comme des étayages de silences, mais de silences tout vibrant de murmures “cosmiques”, de frémissements venus des “lointains”, de ces “on ne sait d’où” dont l’artiste, adepte du spiritisme, tentait sans doute de se faire l’écho.

    Humour blanc

L’expression “Blancs silences” pourrait convenir pour, en focalisant l’attention sur son aspect paradoxal, tenter de caractériser cette période de la production de Guermaz, encore assez mal connue et explorée. En effet, il est remarquable de constater que le Blanc chez Guermaz n’existe presque jamais comme tel, mais qu’il apparaît bien plutôt comme la résultante, inespérée, la finalité, rarement accomplie, ou l’idéal, recherché avec d’autant plus d’insistance qu’il semble sans cesse se dérober, d’un jeu complexe et raffiné de couleurs. Typique, à cet égard, est le tableau de 1995 intitulé Blanc de Blanc où, humour blanc porté à son comble, le blanc est totalement absent. Quant à ce que nous nommons silence, il s’entend, oserions-nous dire, comme une orchestration en mineure – minorée jusqu’au silence, précisément – de musiques venues de sources multiples et mystérieuses, à savoir sans vraiment savoir : musique des sphères, selon l’expression consacrée, musique de l’âme, allégresse et angoisse mêlées, chant de vie en même temps que thrène funèbre, musique enfin comme écho d’inconnaissable.

L’expression conjointe de “mate splendeur” vise à rendre l’effet magnifiant de ces divers mouvements : “splendeur”, intrinsèque, du chant de vie, d’une certaine présence musicale de l’univers, qui vaut aussi comme rappel, intense et fugitif, de la fragilité de l’être, de l’éphémère miracle toujours recommencé de l’instant. “Mate” – qu’il faut aussi entendre comme le “mat” des échecs, lui-même assimilable à l’arabe “moth”  signifiant la mort – est là précisément pour insister sur l’éphémère de la présence et la précarité de notre relation au monde, et rappeler la menace permanente d’une ténèbre à laquelle semble bien faire allusion – sur le mode de l’humour noir cette fois – le tableau cité, Blanc de Blanc.

   De l’humilité en art

Quelle que puisse être leur pertinence, ces interprétations demeurent frappées d’un défaut – par excès ! – majeur : elles outrepassent, elles font violence à la qualité éminente, suprême, de la peinture de Guermaz, à savoir sa discrétion, sa subtilité, une forme d’ homogénéité faite plus de retrait, de soustraction, de suspens que de cumul synthétique – en bref, une pratique périlleuse du “sans” plutôt que la recherche réconfortante du sens. La peinture de Guermaz n’impose nulle direction au regardeur, elles déplient, elles déployent, elles offrent des plages de liberté (dépli sur dépli, plage sur plage, sédimentées en l’impavide horizontalité de l’oeuvre), des aires et des errances de disponibilité, elles mettent à la disposition de chacun ces dispositifs du vide qui jouent un rôle si déterminant dans les formes de pensée bouddhiste ou zen.

C’est cette espèce d’humilité en art qu’il m’a paru nécessaire de mettre en lumière dans le texte du “Dossier Guermaz” de Algérie/Littérature/Action  – texte dont je me permets de reprendre les premières lignes :

1.

 Guermaz n’insiste pas

Guermaz n’insistait jamais.

Guermaz n’était pas homme d’insistance.

Mais, artiste, oui, Guermaz insistait,

insistait dans son art,

pratiquait l’insistance de l’art,

par pénétration, faufilement

dans l’essence intimée de l’art,

lors même qu’il le poussait, le forçait

à entrer dans une nudité extrême.(…)

2.

 J’insistais pour le voir, et lui se dérobait.

Allant à sa recherche, j’entreprenais

de baroques circumambulations urbi & gourbi

 tournant dans les parages des trois saints parisiens

acoquinés : saint-Michel, saint-Germain et saint Sulpice,

et voici, si insolite et si hasardeuse apparition:

surgissait Guermaz,

au détour d’une rue,

sobre, sec, secret, sybillin

et de lui émanait comme une espèce de rayonnement

– de mat rayonnement,

et tout autant de tristesse infinie (moth!),

 finement marquetée de coruscants échos de couleurs …

   A l’orient extrême de l’âme

 

  Si l’on tient à recourir aux stéréotypes associés à des  territoires de culture, on pourrait dire qu’une certaine manière “orientale”, quelque discutable et superficielle que soit l’expression, s’est élargie, amplifiée, éclatée, en quelque chose d’extrême-oriental – s’est fondue, éperdue, dans l’extrême de l’orient de l’âme, est allée rejoindre cet horizon ultime où l’âme enfin se lève pour accueillir le monde et, allegro ma non troppo, en chanter la louange, en dire la splendeur.

En prenant acte – ce serait cela : voir Guermaz – de ce que cette oeuvre offre à nos regards une vertigineuse, voire abyssale élaboration, mieux, une perlaboration des couleurs, s’appelant et se renvoyant l’une l’autre, s’intégrant sans perdre leur singularité les unes dans les autres en se préservant par une délicatesse extrême, il semble légitime de conclure – sans conclure – que pareille oeuvre mérite d’être qualifiée, avec une rare exactitude, à l’aide d’une expression empruntée à Michaux, connaisseur en la matière : “musicienne du silence”.

Pas de commentaire »

Pas encore de commentaire.

Flux RSS des commentaires de cet article. TrackBack URL

Écrire un commentaire

*

Powered by WordPress